Lundi 19 janvier 2009
Voici une vidéo d'une manifestation en soutien aux palestiniens de Gaza à New York.
Intéressant ...



Manifestation new-yorkaise de soutien à Gaza
Par Gazalive
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Lundi 19 janvier 2009



samedi 10 janvier 2009, par Alain Gresh

Il manquait encore sa voix dans le débat. Il vient enfin de s’exprimer dans un texte exemplaire paru dans Le Point, « Libérer les Palestiniens du Hamas ». Exemplaire ? Oui, car, comme celui d’André Glucksmann, il résume tous les mensonges, toute la mauvaise foi de ceux qui pensent que, au-delà de telle ou telle erreur, la politique d’Israël doit être défendue contre ses ennemis, contre les barbares qui menacent de le submerger. Ce bloc-notes mérite donc une analyse de texte détaillée (je mets en gras les citations de BHL).


« N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses. »


Etrange argument. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste militaire pour savoir si des actions violent ou non
le droit international : un philosophe pourrait faire l’affaire... Car les déclarations confirmant ce viol sont multiples.


« N’ayant, depuis des décennies, jamais pu me résoudre à distinguer entre bons et mauvais morts ou, comme disait Camus, entre “victimes suspectes” et “bourreaux privilégiés”, je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d’enfants palestiniens tués. »

« Cela étant dit, et compte tenu du vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s’agit d’Israël, s’emparer de certains médias, je voudrais rappeler quelques faits. »


Bien sûr, personne, ne peut accepter la mort d’un enfant, où qu’il soit, mais admirez le « cela étant dit »... qui laisse supposer que cette mort s’explique par le contexte.


« 1. Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la “brutalité” d’Israël — c’est, à la lettre, sa longue retenue. »


Il suffit de comparer le nombre de morts palestiniens et israéliens (avant les combats actuels) pour mesurer la « longue retenue ». En réalité, les bombardements sur Gaza n’ont jamais cessé, sinon pendant le cessez-le-feu signé le 19 juin 2008. Et que dire de la « longue retenue » des Palestiniens qui vivent sous occupation depuis 40 ans... Car, il faut le rappeler, l’origine de la résistance ce n’est ni le Fatah, ni l’OLP ni le Hamas, mais l’occupation, qui suscite toujours la résistance.


« 2. Le fait que les Qassam du Hamas et, maintenant, ses missiles Grad aient fait si peu de morts ne prouve pas qu’ils soient artisanaux, inoffensifs, etc., mais que les Israéliens se protègent, qu’ils vivent terrés dans les caves de leurs immeubles, aux abris : une existence de cauchemar, en sursis, au son des sirènes et des explosions — je suis allé à Sdérot,
je sais. »


Bernard-Henri Lévy est allé à Sdérot (alors qu’en Géorgie, il a pu écrire des affabulations sur des lieux où il ne s’était jamais rendu), on n’en doute pas. Mais est-il jamais allé à Gaza ? A-t-il vu dans quelles conditions vivent les Palestiniens, depuis des dizaines d’années ? Interviewée par la télévision, une habitante de Gaza, à qui l’on demandait si elle rendait le Hamas responsable de ce qu’elle subissait, répondait en substance : il y avait des bombardements avant l’arrivée du Hamas et il y en aura après ; tout cela n’est que prétexte.


« 3. Le fait que les obus israéliens fassent, à l’inverse, tant de victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end, qu’Israël se livre à un “massacre” délibéré, mais que les dirigeants de Gaza ont choisi l’attitude inverse et exposent leurs populations : vieille tactique du “bouclier humain” qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe ses centres de commandement, ses stocks d’armes, ses bunkers, dans les sous-sols d’immeubles, d’hôpitaux, d’écoles, de mosquées-efficace mais répugnant. »


Ce qui est répugnant, c’est la disproportion des forces. Comme le dit le philosophe (un vrai, celui-là) Michael Walzer, que j’ai
déjà cité, « le tir au pigeon n’est pas un combat entre combattants. Lorsque le monde se trouve irrémédiablement divisé entre ceux qui lancent les bombes et ceux qui les reçoivent, la situation devient moralement problématique ».

Quant au fait que les combattants du Hamas se terrent dans les écoles ou les mosquées, il s’agit souvent de pure propagande, comme le prouve l’exemple de l’école de l’Unrwa bombardée par l’armée israélienne. Chaque fois que des observateurs neutres ont pu se rendre sur place, ils ont constaté que les allégations israéliennes étaient mensongères. On comprend que le gouvernement israélien refuse l’entrée du territoire aux journalistes étrangers.

D’autre part, rappelons que Gaza est un tout petit territoire, avec la plus forte densité de population au monde. Où sont censés s’installer les combattants ? Doivent-ils aller au-devant des troupes israéliennes pour servir de cible ? Qui pourrait reprocher aux insurgés parisiens de 1848 ou de 1870 d’avoir construit des barricades dans les rues de la capitale ? Et je rajoute, comme le fait dans un magnifique texte daté du 10 janvier, le militant pacifiste israélien Uri Avnery, « How many divisions? »


« Il y a soixante-dix ans, durant la seconde guerre mondiale, un crime haineux a été commis dans la ville de Leningrad. Durant plus d’un millier de jours, un gang d’extrémistes appelé "l’armée rouge" a tenu en otage des millions d’habitants de la ville, et provoqué des représailles de la Wehrmacht allemand en se cachant au milieu de la population. Les Allemands n’avaient pas d’autre choix que de bombarder la population et d’imposer un blocus total provoquant la mort de centaines de milliers de personnes. (…) Voilà ce qu’on aurait pu lire dans les livres d’histoire si les Allemands avaient gagné la guerre. »


« 4. Entre l’attitude des uns et celle des autres il y a, quoi qu’il en soit, une différence capitale et que n’ont pas le droit d’ignorer ceux qui veulent se faire une idée juste, et de la tragédie, et des moyens d’y mettre fin : les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, s’appelle un “crime de guerre”) ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom — “dommage collatéral” — qui, même s’il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale). »


Dissymétrie stratégique ? Incontestablement. Un dirigeant du FLN algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté durant la bataille d’Alger en 1957 (puis assassiné), et à qui des journalistes français reprochaient d’avoir posé des bombes dans des cafés, répondait : « Donnez-moi vos Mystère, je vous donnerai mes bombes ». Si placer des bombes dans un café est condamnable, que faut-il dire des bombes larguées d’un avion sur des populations civiles ?

Dissymétrie morale ? Les punitions collectives infligées depuis des années à Gaza sont, selon Richard Falk, envoyé des Nations unies dans les territoires palestiniens, « un crime contre l’humanité ». Que dire alors de ce qui se passe depuis...


Parlant de ses négociations avec le gouvernement sud-africain et de ses demandes d’arrêter la violence, Nelson Mandela écrit : « Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. » (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Livre de Poche, p. 647)


« 5. Puisqu’il faut mettre les points sur les i, on rappellera encore un fait dont la presse française s’est étrangement peu fait l’écho et dont je ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part d’aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l’offensive aérienne, systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels) aux Gazaouis vivant aux abords d’une cible militaire pour les inviter à évacuer les lieux ; que cela ne change rien au désespoir des familles, aux vies brisées, au carnage, c’est évident ; mais que les choses se passent ainsi n’est pas, pour autant, un détail totalement privé de sens. »


Ce que notre « philosophe » oublie, c’est qu’Israël, qui appelle les gens à quitter leur maison, ne les laisse pas vraiment aller ailleurs. Le Haut-commissaire pour les réfugiés remarquait que c’était le seul conflit du monde où on interdisait aux populations civiles de quitter leur territoire. Et ceux qui se réfugient dans des lieux soi-disant sûrs sont victimes des bombardements, comme les 40 civils tués dans une école de l’Unrwa. On peut noter que, selon
Chris Gunness, le porte-parole de l’Unrwa, l’armée israélienne a reconnu qu’aucun tir n’était venu de cette école.

Un indice, parmi tant d’autres, du comportement de l’armée israélienne est donné par le CICR, qui fait, en général, preuve d’une grande réserve.


« Dans l’après-midi du 7 janvier, quatre ambulances du Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont réussi à obtenir pour la première fois l’accès à plusieurs maisons touchées par les bombardements israéliens dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. »


« Le CICR avait demandé depuis le 3 janvier que les ambulances puissent accéder à ce quartier en toute sécurité, mais il n’a obtenu l’autorisation des Forces de défense israéliennes que l’après-midi du 7 janvier.Dans une des maisons, l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas. »


« Dans une autre maison, l’équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l’attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l’équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l’équipe de secours de quitter la zone, ce qu’elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks. »


« “Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n’ont pas porté secours aux blessés. Ils n’ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide.” »

(...)


« Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d’autres maisons détruites du quartier. Il demande à l’armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu’aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d’accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d’autres blessés. Les autorités israéliennes n’ont toujours pas confirmé au CICR qu’elles lui autoriseraient l’accès. »


« Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours. »


On pourra aussi regarder le témoignage bouleversant d’un
médecin norvégien, Mads Gilbert, pris sous les bombes. Lire aussi le décryptage en français : « C’est une guerre totale contre la population civile palestinienne ».


« 6. Et quant au fameux blocus intégral, enfin, imposé à un peuple affamé, manquant de tout et précipité dans une crise humanitaire sans précédent (sic), ce n’est, là non plus, factuellement pas exact : les convois humanitaires n’ont jamais cessé de passer, jusqu’au début de l’offensive terrestre, au point de passage Kerem Shalom ; pour la seule journée du 2 janvier, ce sont 90 camions de vivres et de médicaments qui ont pu, selon le
New York Times, entrer dans le territoire ; et je n’évoque que pour mémoire (car cela va sans dire-encore que, à lire et écouter certains, cela aille peut-être mieux en le disant...) le fait que les hôpitaux israéliens continuent, à l’heure où j’écris, de recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés palestiniens. »


Ce qui est difficile, quand on est philosophe, c’est de se renseigner et de descendre du ciel abstrait des idées pour s’intéresser au concret. Le nombre de camions qu’il indique est absolument dérisoire quand on connaît les besoins de Gaza. Normalement, il transite 500 camions par jour pour nourrir la population ; le blocus israélien ayant commencé dès le 5 novembre (après qu’Israël eut rompu la trêve en intervenant directement à Gaza), il n’est passé que 23 camions au cours du mois de novembre. Et ce blocus s’est intensifié avant les combats : la population était affamée et les hôpitaux sous-équipés. Que quelques dizaines de camions aient pu passer après, grâce à quelques déclarations fortes des Nations unies, ne change pas la situation.


« Très vite, espérons-le, les combats cesseront. Et très vite, espérons-le aussi, les commentateurs reprendront leurs esprits. Ils découvriront, ce jour-là, qu’Israël a commis bien des erreurs au fil des années (occasions manquées, long déni de la revendication nationale palestinienne, unilatéralisme), mais que les pires ennemis des Palestiniens sont ces dirigeants extrémistes qui n’ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d’un Etat et n’ont jamais conçu d’autre état pour leur peuple que celui d’instrument et d’otage (sinistre image de Khaled Mechaal qui, le samedi 27 décembre, alors que se précisait l’imminence de la riposte israélienne tant désirée, ne savait qu’exhorter sa “nation” à “offrir le sang d’autres martyrs” — et ce depuis son confortable exil, sa planque, de Damas...). »


Rappelons, encore une fois, que c’est l’armée israélienne qui, dans la nuit du 4 au 5 novembre, a violé le cessez-le-feu par une incursion qui a provoqué la mort de quatre Palestiniens. Et que, d’autre part, Israël n’a jamais respecté une des clauses de l’accord qui était l’ouverture des points de passage entre Israël et Gaza, contribuant ainsi à affamer la population.


Mais, surtout, qu’est-ce qui empêche la signature de la paix ? Rappelons que, pendant plusieurs années, les dirigeants israéliens ont affirmé que le seul obstacle à un accord était Yasser Arafat. Après sa mort, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a été élu. Il a été salué en Israël, aux Etats-Unis et en Europe comme un dirigeant modéré. Cela fait quatre ans qu’il est président, cela fait quatre ans qu’il négocie au nom de l’Autorité palestinienne avec le gouvernement israélien. Le Hamas n’était pas partie prenante de ces négociations, et pourtant elles ont échoué, parce qu’Israël refuse l’application des résolutions des Nations unies, le retrait des territoires occupés en 1967. Tous les Etats arabes ont accepté l’initiative de paix du roi Abdallah proposant l’échange de la paix contre les territoires, et Israël a encore refusé...


« Aujourd’hui, de deux choses l’une. Ou bien les Frères musulmans de Gaza rétablissent la trêve qu’ils ont rompue et, dans la foulée, déclarent caduque une charte fondée sur le pur refus de l’“entité sioniste” : ils rejoindront ce vaste parti du compromis qui ne cesse, Dieu soit loué, de progresser dans la région-et la paix se fera. Ou bien ils s’obstinent à ne voir dans la souffrance des leurs qu’un bon carburant pour leurs passions recuites, leur haine folle, nihiliste, sans mots-et c’est non seulement Israël, mais les Palestiniens, qu’il faudra libérer de la sombre emprise du Hamas. »


Comment faut-il les libérer ? Rappelons que la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas dans des élections libres suscitées par les Etats-Unis et l’Union européenne. Ils ont voté pour protester contre l’incurie de l’OLP et contre l’échec du processus d’Oslo que le Fatah avait prôné. Au nom de « nos valeurs », nous avons refusé le verdict des urnes... Le peuple vote mal, changeons-le. Ou plutôt, imposons-lui une bonne dictature ou une bonne occupation qui le civilisera. C’était le raisonnement des Soviétiques quand ils sont intervenus en Afghanistan en décembre 1979, et que Georges Marchais évoquait « le droit de cuissage ». Faut-il s’étonner que Philippe Val, dans son éditorial de Charlie Hebdo, « Gaza : la colombe, le faucon et le vrai con », évoque cette invasion : « Les Soviétiques eux-mêmes, en 1979, avaient senti le danger (l’islamisme), et, à tort ou à raison (sic), avaient envahi l’Afghanistan. » Voici revenu le temps du colonialisme : nous allons civiliser tous ces indigènes qui acceptent le droit de cuissage, la polygamie, le voile, etc., et les libérer de la sombre emprise des intégristes.


(SOURCE : http://blog.mondediplo.net/2009-01-10-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard)

Par Gazalive
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Lundi 19 janvier 2009



Publié le 12 janvier 2009 par
Henri Maler, Olivier Poche

 

Dans un précédent article – « Médias en guerre : Sous couvert de neutralité » - nous avons effectué un premier relevé du champ de bataille de l’information, avant que les bombardements de l’armée israélienne sur Gaza ne soient soutenus par une invasion terrestre. Depuis, à grands renforts de reportages déséquilibrés et d’informations mal regardantes sur les sources, la plupart des médias ont confirmé qu’ils sont toujours, volontairement ou pas, des acteurs des guerres qu’ils prétendent observer...

...Et dans le cas présent, trop souvent, des auxiliaires du plus puissant d’entre eux quand, dans (l’innocente ?) intention de respecter un impartial – et toujours virtuel – équilibre, ils maltraitent, effacent, voire renversent des déséquilibres bien réels. Peut-être que, comme le déclare un gradé israélien, « pour mener une bonne guerre, il faut garder les journalistes à l’écart. » Il paraît encore plus sûr de les garder dans son propre camp.

 

Où sont les caméras ?

 

Les principales chaînes de télévision françaises ne disposent d’aucun correspondant permanent à Gaza, à l’exception de Talal Abou Rahmeh, journaliste reporter d’images (JRI) palestinien qui travaille avec Charles Enderlin pour France 2, et de Radjaa Abou Dagga, correspondant de France 24 (qui intervient occasionnellement sur France 3). Jusqu’a ce jour, la quasi-totalité des envoyés spéciaux des chaînes françaises ne peut pas accéder à Gaza. Dans ces conditions, quels reportages et quelles enquêtes les télévisions peuvent-elles effectuer, si l’on excepte les reportages, balisés par l’armée israélienne, effectués dans les villages israéliens placées sous les tirs des roquettes du Hamas ?

L’effet de cette exception est garanti. La prétendue recherche d’une information équilibrée se traduit par une présentation totalement asymétrique des risques encourus par les populations civiles : une présentation qui ne tient aucun compte (même si l’on tient à jour une macabre comptabilité) de la disproportion écrasante de l’ampleur des destructions et du nombre des blessés et des morts. Mais surtout ces enquêtes, presque totalement unilatérales en l’absence quasi-complète de témoignages directs des Palestiniens de Gaza, accréditent, qu’on le veuille ou non, la légitimité de la guerre israélienne.

Un exemple, qui commence à se donner pour ce qu’il est, notamment sous l’effet de la « frustration » des journalistes coincés aux portes de Gaza : Sderot.

Le 8 janvier, un article du Monde « La presse, tenue à distance, rumine sa frustration » – décrit les conditions de travail des journalistes retenus à la frontière avec Gaza, et notamment à Sderot : « Vidées de ses habitants qui se claquemurent dans leur maison, les rues de la ville ont été transformées en un "journalistland" géant. Les vieux routiers des conflits y traînent leur désœuvrement au milieu d’une nuée de porte-parole de l’armée et du gouvernement israélien à l’affabilité insistante. » Mais que nous importe, au fond, la « frustration » des journalistes, quand on mesure les conséquences de ce prétendu « désœuvrement » ?

Entre le 27 décembre et le 4 janvier, les téléspectateurs de TF1 ont profité de la visite guidée de Sderot, à cinq reprises, (trois fois dans le 20 heures, deux fois dans le 13 heures), avant de s’apercevoir, si toutefois ils lisent Le Monde, que cette fréquence ne relève pas tout à fait du pur hasard.

Premier reportage, le 28 décembre : notre vaillant reporter suit un charmant grand-père le guidant dans une visite qui semble assez rodée : la toute première maison touchée par les roquettes, des familles « terrorisées », puis le musée des roquettes – comme dans le « Gaza Border Tour » évoqué dans l’article du Monde. Comme l’annonçait le journaliste en ouvrant le sujet, l’attaque israélienne est pour les habitants qu’il rencontre « un soulagement pour les 15000 habitants de Sderot » : « Après huit ans d’attaques, je suis soulagé. Merci Ehud Barak, notre ministre de la défense, il a enfin fait ce qu’il fallait faire. On attendait cela depuis longtemps. ». Une prise de position que ne viendra pas tempérer la prise de position des pacifistes qui, eux, ne sont malheureusement pas au programme du « Gaza Border Tour » (mais dont un article de Benjamin Barthe, paru dans Le Monde du 7 janvier décrit fort bien le désarroi, sous le titre : « Au kibboutz Saad, près de Sderot, la colère et le désespoir de l’association "Une autre voix" »).

Second reportage, le 31 décembre, le seul du jour consacré à la situation au Proche-Orient, intitulé « vivre sous les tirs à Sderot ». Un reportage en toute liberté, sans doute grâce au «  jeune [et sympathique] soldat qui nous accompagne… », et avec qui on vit une alerte en direct. Dialogue :
- « Ça peut être combien de fois par jour ? »
- « Ça peut être très … 60 fois, 10 fois, 14 fois… C’est épuisant. »
Puis c’est un couple avec « Shirel, leur fille de cinq mois », qui vit dans la peur. « La petite doit subir des examens médicaux, mais les tirs de Qassam les dissuade de toute sortie : “ Je ne veux pas que ma fille grandissent dans des conditions pareilles, qu’elle subisse la peur et l’anxiété” ». En attendant de pouvoir ressortir, ils ne consomment plus que du surgelé » (preuve par l’image). On termine avec un entrepreneur qui veut aller « plus loin » dans l’offensive pour « les mettre à genoux ».

Est-ce parce qu’il n’existe aucun autre sujet de reportage disponible en provenance de Gaza ? Est-ce parce qu’on ne se lasse pas de reproduire quasiment les mêmes ? Toujours est-il qu’un troisième reportage, le 4 janvier, sera consacré à un thème original : « Vivre à Sderot, sous les tirs de roquettes ». Alertes, maison détruite… Et on termine sur un habitant qui s’interroge : « Tout le monde dit dans le monde que ce que fait Israël à Gaza ce n’est pas bien, que l’armée israélienne n’a pas le droit. Pourquoi ne viennent-ils pas là, pour connaître ce que l’on ressent ? ».

Pourtant, pendant plusieurs jours, seuls ou presque les Israéliens menacés par les roquettes du Hamas ont pu témoigner directement des souffrances qu’ils endurent (et qu’il n’est pas question de nier), alors que celles des Palestiniens restent presque totalement privés de mots recueillis par des journalistes. Il est possible que, contrairement au vœu exprimé par l’habitant de Sderot, TF1, comme les autres, ne « vienne » pas là pour comprendre pourquoi l’armée israélienne « a le droit » de faire la guerre à Gaza. Mais comment ne pas voir que, dans la « configuration » médiatique du conflit, la répétition de ces reportages sert au mieux les objectifs et la politique d’Israël, qui d’ailleurs les encourage et les facilite par tous les moyens.

Dire cela, ce n’est en rien justifier la fin poursuivie et les moyens employés par le Hamas : c’est énoncer un simple fait. Un fait reconnu par certains journalistes comme ce journaliste de RTL qui selon l’article du Monde déjà cité, déclare : « Nous sommes des journalistes captifs. Pendant que les gamins du camp de Jabaliya [site d’un bombardement israélien qui a fait quarante morts, mardi 6 janvier] se font massacrer, les médias parlent de ceux de Sderot qui collectionnent les morceaux de Qassam. C’est tout bonus pour Israël. ».

D’où cette simple question : pourquoi accepter de tourner ces reportages tant que l’armée israélienne refuse de laisser les journalistes enquêter à Gaza ?

Selon les comptages effectués par le site d’Arrêt sur images (lien payant), les 20h de TF1, France 2 et France 3, entre le 27 décembre et le 5 janvier, ont ainsi proposé 6 reportages intégralement consacrés aux civils israéliens, contre 2 aux civils palestiniens. Cette disproportion est encore plus prononcée, si l’on prend en considération les JT de 13h. Selon notre propre relevé, sur TF1, le rapport est de 5 contre 1, et même de 6 contre 1 en tenant compte d’un reportage de deux minutes consacré à la famille de Gilad Shalit diffusé au 20h du 2 janvier, par ailleurs seul reportage du jour consacré au "conflit" en cours. Sur l’ensemble de la période considérée, un seul reportage consacré aux civils palestiniens, diffusé uniquement au 20h, met en scène, sans le moindre propos politique, une famille relativement aisée de Gaza (comme nous l’apprend un reportage… de France 2 où le même couple franco-palestinien est interrogé) et peu représentative par conséquent de la situation vécue par la majorité des Gazaouis. Et si l’on ajoute France 2, on atteint en tout 10 reportages contre 2 – là encore, le 13h ayant jugé bon d’évoquer Sderot, mais pas Gaza.

Peut-être faut-il faire crédit, sous réserve d’examen de leur contenu, aux auteurs des reportages « du côté israélien » de ne pas contribuer délibérément à la propagande de guerre de l’Etat-major israélien : le déséquilibre global de l’information n’est pas de leur fait ou de leur seul fait. Peut-être faut-il, également, faire crédit aux responsables de l’information de TF1 ou de France 2 de l’absence de volonté de privilégier le point de vue des officiels et des témoins israéliens : il n’en resterait pas moins qu’informer à partir des données disponibles – des reportages du côté israélien et, pour l’essentiel, des images de source fréquemment indéterminée du côté de Palestiniens de Gaza – sans s’interroger sur leur source et leur sens se traduit par une distorsion telle de l’information qu’elle constitue une forme de désinformation.

Tout se passe comme si l’inconscient journalistique des responsables de rédaction et de certains journalistes leur dictait de produire l’information en fonction de l’emplacement des équipes de reportages. Et l’on peut même supposer que cet inconscient n’est pas mis au service d’une volonté délibérée ; les procès d’intention ne sont pas indispensables quand la critique en irresponsabilité suffit : les effets sont pratiquement les mêmes.

Encore ne s’agissait-il que d’un aspect de l’information télévisée avant l’invasion terrestre de Gaza par l’armée israélienne…



 

D’où proviennent les informations ?

 

Faute de moyens pour recueillir directement à Gaza les informations sur Gaza, la plupart des médias en sont réduits à accueillir, sans pouvoir les recouper et les vérifier, des informations des sources les plus diverses, généralement mentionnées et, souvent, avec les précautions d’usage. Mais des précautions manifestement très insuffisantes quand on constate :

- Que les déclarations et informations de source israéliennes sont infiniment plus nombreuses que les informations et déclarations émanant des forces palestiniennes, comme si les secondes étaient par définition plus frelatées que les premières.
- Que les informations en provenance d’Al Jazeera, seul média présent à Gaza ne sont pratiquement jamais reprises, même avec précaution, comme si elles étaient par définition dénuées de fondement.
- Que les informations en provenance des agences de l’ONU et des associations humanitaires sont traitées avec autant de précautions que celles qui émanent du gouvernement et de l’armée israélienne, comme si elles étaient également sujettes à caution.
- Que, par conséquent et par contraste, même livrées avec prudence, les informations de source israélienne bénéficient de facto d’un surcroît d’exposition et de légitimité, même si le crédit relatif qui leur est accordé n’est pas intentionnel et peut partiellement s’expliquer par la plus grande proximité des journalistes occidentaux avec les sources officielles israéliennes : proximité culturelle, linguistique, géographique (pour les correspondants permanents qui résident en général en Israël pour couvrir le conflit… israélo-palestinien),…voire personnelle ? 

Faute d’une présence massive de journalistes à Gaza (et, ajoutons-le, de journalistes suffisamment indépendants et idéologiquement divers), les seules informations qui soient peu soupçonnables d’être conditionnées par la propagande de guerre émanent des organismes de l’ONU et des associations présentes sur place. Et pourtant, si les déclarations des autorités israéliennes sont régulièrement reprises et données à l’antenne, c’est loin d’être le cas des sources « humanitaires ».

Ainsi, le bombardement, le 6 janvier, des trois écoles de l’ONU où s’étaient réfugiés des civils palestiniens a été largement médiatisé. Or, en raison du nombre de morts et de blessés qu’elle a provoqué, l’attaque contre l’école de Jabaliya a bénéficié d’une « couverture » qui a éclipsé d’autres informations non moins significatives.

- D’abord l’information sur les bombardements de deux autres écoles à Gaza et Khan Younès (sud) a été minimisée. Ce sont ces bombardement, semble-t-il, que mentionne fugitivement, un reportage de Michel Scott au 13h de TF1 : « […] une chose est sûre, deux écoles, gérées par l’ONU, l’une ici dans le sud du territoire palestinien, l’autre à Gaza ville, dans le nord, ont été touchées ce matin. Cinq palestiniens au moins y ont été tués sans que l’on sache s’il s’agit de civils ou de combattants. » Informations classées sans suite… Le 20 heures de France 2 évoque ces bombardements en une seule phrase – et quelle phrase : « L’armée israélienne n’a pas confirmé deux autres bombardements sur des établissements de l’ONU au cours des douze dernières heures ». Ou comment soumettre une information (de l’ONU) à la confirmation (de l’armée israélienne) - et comme si cette confirmation était indispensable à l’établissement de la vérité.
- La destruction, la veille, de trois cliniques mobiles de la Croix rouge, sauf erreur ou omission de notre part, n’a pas ou peu été diffusée par les médias… alors qu’il semble pour le moins difficile de la justifier par la présence de militants du Hamas.

Mais surtout la présentation du massacre de Jabaliya et de la controverse qu’il a suscitée en dit long sur le privilège relatif accordé aux sources israéliennes

La réaction du gouvernement et de l’armée israélienne n’a en effet pas tardé, affirmant que les Israéliens avait essuyé des tirs en provenance de cette école, que la destruction avait été provoquée par une explosion interne qui pourrait être celle d’un dépôt d’armes et, plus généralement, que les combattants du Hamas se servaient des civils comme boucliers et avaient l’habitude de s’abriter dans des édifices, notamment onusiens, occupés par des civils.

Le lendemain, l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a contredit cette version, en affirmant notamment, par la bouche de son porte-parole, être sûre « à 99,9% qu’il n’y avait ni activistes ni d’activités militaires dans l’école ». Or nombre de médias qui la veille avaient fait état de la version israélienne, n’ont pas tous, loin de là, fait état de ce démenti.

Ainsi, les téléspectateurs de TF1 n’en auront aucun écho. On leur resservira au contraire le réchauffé de la veille, un réchauffé qui commence à avoir un très mauvais goût. Le journaliste évoque en effet la « lueur d’espoir » que constitue l’arrêt pendant trois heures des bombardements : «  Geste de bonne volonté après la journée d’hier particulièrement meurtrière : la frappe contre une école aux couleurs des Nations-Unies a soulevé une vague de protestation internationale, malgré l’explication israélienne selon laquelle le site aurait servi de zone de tir au Hamas . » Comme si « l’explication israélienne » était au dessus de tout soupçon et aurait dû suffire à contenir une « vague de protestation », que le micro à nouveau tendu à un porte-parole de l’armée israélienne achève de rendre injustifiable : « le Hamas se protège derrière des enfants dont il se sert comme bouclier humain. C’est inacceptable. Chaque fois qu’il y a des morts ils en sont responsables ». Point final. Du moins pour TF1 au sommet de son art.

Or même en diffusant l’information sur les bombardements d’écoles et les deux versions – onusienne et israélienne - en présence, nombre de médias l’ont présentée comme si sa source onusienne était, par nature, aussi peu crédible qu’une source militaire. Le 20h de France 2, à cet égard, est exemplaire : « la polémique rebondit : les établissements gérés par les Nations-Unies abritaient-ils des membres du Hamas ? "Oui", dit Israël. "Quasi impossible", répond l’ONU ». Suit deux interventions de même longueur, celle du porte-parole de l’UNRWA, celle de la porte-parole de l’armée israélienne.

Variante, avec un soupçon de malhonnêteté en plus : tenter de concilier les deux version. Ainsi, sur le site du figaro.fr, sous le titre « Gaza/école : l’ONU veut une enquête », on pouvait lire le 7 janvier une dépêche d’Associated Press qui après avoir mentionné la certitude à 99,99% de l’UNRWA, ajoutait : « Cette affirmation ne contredit pas nécessairement l’affirmation israélienne selon laquelle les militants du Hamas lançaient leurs attaques à proximité de cette école . » Or les autorités israéliennes n’affirmaient rien de tel. Ainsi le porte-parole du gouvernement israélien, Mark Regev avait d’abord déclaré : « Les premiers éléments dont nous disposons est qu’il y a eu des tirs hostiles contre une de nos unités depuis le bâtiment de l’ONU. Notre unité a répondu. ».

De surcroît, le très scrupuleux exercice d’équilibre dans le traitement des sources a conduit nombre de médias à omettre, consciencieusement d’autres informations, disponibles sur le site de l’ONU, comme celle-ci : « Près de 15.000 personnes sont en ce moment à l’abri dans des locaux des Nations Unies à Gaza, notamment dans 20 écoles qui servent de sanctuaire parce que la population ne peut fuir le territoire palestinien, a ajouté le Secrétaire général. John Ging a dit que l’armée israélienne avait reçu les coordonnées GPS de tous les bâtiments des Nations Unies, y compris les écoles, et qu’elles avaient été mises à jour récemment . Il a appelé à l’ouverture d’une enquête. A cet égard, le Secrétaire général s’est dit « profondément consterné qu’en dépit de ces efforts répétés ces tragédies aient eu lieu. ». En réponse à une question d’un journaliste, le Coordonnateur de l’Unrwa a précisé que les militants palestiniens n’avaient pas violé l’immunité des bâtiments des Nations Unies et qu’il serait inacceptable qu’ils le fassent. » On ne peut imaginer plus clair démenti aux allégations du porte-parole du gouvernement israélien, qui ont été rapportées ainsi : « “Il y a eu ensuite des explosions, sans commune mesure avec l’artillerie que nous avons utilisée”, a-t-il ajouté, soulignant que les “spéculations” étaient possibles sur la raison de ces explosions, en allusion à la présence d’explosifs dans l’école. Il a aussi souligné que dans le passé les groupes armés palestiniens avaient utilisé des bâtiments de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (Unrwa) à Gaza pour mener des attaques ou stocker des armes. ».

Certes, en l’absence d’une enquête indépendante, les faits ne sont pas totalement établis. Mais à quelle version accorder le plus de crédit, même provisoire : à celle de l’ONU ou à celle d’un gouvernement en guerre ? Les placer sur le même plan, c’est déjà participer à la propagande – inévitable – de ce dernier, alors qu’aucun doute n’est permis sur l’essentiel.

Aucun média, à notre connaissance, n’a évoqué une éventuelle justification, par l’armée israélienne, de la destruction de cliniques mobiles de la Croix-Rouge (mentionnée plus haut et généralement omise) par la présence de combattants du Hamas. Et pour cause. Mais surtout l’affirmation selon laquelle les bâtiments de l’ONU pourraient abriter de tels combattants comporte, malgré elle, une information de première importance qui n’a pas été relevée. Supposons un instant que des militants du Hamas étaient réfugiés dans l’Ecole de l’ONU bombardée par cette armée que la plupart désigne affectueusement sous le nom de « Tsahal », il en résulterait, de l’aveu même des responsables israéliens, cet autre fait : l’armée israélienne bombarde délibérément des cibles qui abritent majoritairement des civils dès lors que, à ses yeux, ces abris servent également de refuge à des hommes en armes. N’est-ce pas une information ? Pourquoi n’a-t-elle pas, en général, été diffusée comme telle ? Pour ne pas avoir à appeler des massacres par leur nom ?

A suivre, hélas…

Henri Maler et Olivier Poche

- Grâce à la documentation réunie avec Denis, Jamel, Marie-Anne et Raul.

PS. Une fois n’est pas coutume : cet article sera peut être complété ou modifié ultérieurement

(SOURCE : http://www.acrimed.org/article3044.html?debut_mmrub=0)

Par Gazalive
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Dimanche 18 janvier 2009



Un centre juridique palestinien a affirmé que 67 écoles ont été bombardées par les troupes armées de l'occupation dont 36 écoles de l'UNRWA, alliées à l'office de l'ONU, durant 22 jours consécutifs de leurs opérations agressives contre les civils de la Bande de Gaza.


Lors d'un communiqué de presse dont le centre palestinien d'information a reçu une copie, le centre juridique, Al Mizan, a rapporté, samedi 17/1, que les troupes armées sionistes ont ciblé d'une manière bien programmée et progressive, des institutions de la société civile et des sièges de l'UNRWA, notamment ses écoles et ses véhicules, ainsi que les ambulances et les hôpitaux.

"Les forces armées de l'occupation, ainsi que son aviation et son artillerie ont commis des crimes de guerre contre des civils innocents, notamment les familles qui s'abritaient dans les écoles de l'UNRWA après la destruction de leurs maisons bombardées par l'occupation, tout en condamnant le nouvel bombardement contre l'école de Beit Lahia qui a été ciblée par des armes phosphoriques, où deux petits garçons ont été tués, alors que leur maman a été grièvement blessée, chose qui a conduit à la coupure de sa jambe et sa main", a précisé le centre juridique.

"L'école de l'UNRWA, à Beit Lahia a été ciblé, plusieurs fois, par l'aviation aérienne et l'artillerie de l'occupation", a confirmé le centre.

Le centre juridique a appelé à une intervention internationale pour enquêter sur les crimes sauvages et volontaires contre les civils palestiniens, en particulier les familles qui logeaient dans les écoles de l'UNRWA, où des dizaines ont trouvé la mort, alors que plusieurs autres ont été grièvement blessés, tout en saluant le rôle humanitaire et noble du directeur en chef de l'UNRWA, John Guing, qui a condamné les agressions de l'occupation et a appelé à juger les coupables sionistes qui ont commis ces crimes de guerre.

(SOURCE : www.palestine-info.cc)

 

Par Gazalive
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Dimanche 18 janvier 2009

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

Le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par Israël, samedi 17 janvier, et rejeté par le Hamas, n'aura tenu que quelques heures dans la bande de Gaza. Avant le lever du jour, dimanche, plusieurs incidents sérieux ont déjà été signalés.

Une fusillade a d'abord éclaté entre soldats israéliens et combattants palestiniens près du camp de réfugiés de Djabalya, dans le nord du territoire. Selon Tsahal, des hommes armés ont ouvert le feu sur des soldats israéliens, entraînant une réplique au sol et aérienne. Dans la ville de Gaza, toujours selon l'armée israélienne, des hélicoptères et des blindés ont tiré en riposte à des tirs contre une unité israélienne.

Une centaine de corps, dont certains d'enfants, ont été retrouvés dans différents endroits de la bande de Gaza, dimanche. Dans les décombres de Beit Lahiya et Djabaliya, deux villes du nord de la bande de Gaza qui ont connu les combats les plus violents lors des vingt-deux jours d'offensive israélienne, une quarantaine de cadavres ont été récupérés par les services d'urgence palestiniens. – (avec AFP)

Moins d'une demi-heure plus tard, les chaînes de télévision de l'Etat hébreu signalaient l'explosion de plusieurs roquettes sur le sol israélien. Selon l'armée, ce sont quatre roquettes qui se sont abattues sur la ville de Sderot, dans le sud du pays, sans faire de victimes. En tout, cinq engins auraient été tirés depuis la bande de Gaza. Ces tirs ont été suivis d'une attaque aérienne visant des lanceurs de roquettes.

Près de Khan Younès, un civil palestinien est mort, le premier depuis la proclamation du cessez-le-feu.

PAS DE RETRAIT DES TROUPES

Après ces incidents, le premier ministre israélien Ehoud Olmert a reconnu que le cessez-le-feu était "fragile" et devait être "réévalué minute par minute" en fonction du comportement du Hamas.

Ce dernier avait prévenu dès samedi qu'il ne respecterait pas le cessez-le-feu décrété unilatéralement par Israël dans la soirée, affirmant qu'il n'accepterait pas la présence "d'un seul soldat" israélien sur le sol de Gaza. Huit roquettes avaient déjà été tirées après l'annonce du cessez le-feu, mais avant son entrée en vigueur (à 2 heures, heure locale – 1 heure à Paris).

Dimanche, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a lui aussi estimé que Tshal devait se retirer de Gaza. En l'état, le cessez-le-feu israélien, quoique "important et nécessaire", est "insuffisant", a jugé M. Abbas.

De son côté, Israël s'était laissé le droit de "riposter" à d'éventuelles attaques du mouvement islamiste et le texte adopté par le cabinet de sécurité prévoyait de laisser les troupes déployées dans la bande de Gaza.

Tel-Aviv a décidé de cesser son offensive, qui a fait 1 200 tués côté palestinien en trois semaines, assurant que tous ses objectifs avaient été atteints à Gaza. Selon M. Olmert, la capacité du Hamas à tirer des roquettes sur Israël est désormais sérieusement limitée.

 


(SOURCE : www.lemonde.fr) 

Par Gazalive
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